IA suisse et souveraineté : utiliser l’IA sans exposer vos données

En quelques mois, l’intelligence artificielle est entrée dans le quotidien des entreprises suisses. On rédige avec ChatGPT, on résume des documents, on prépare des réponses clients, on analyse des données. Le gain de temps est réel. Mais une question arrive très vite, et elle est rarement posée à temps : où partent les informations que vous saisissez ?

La plupart des outils grand public — ChatGPT, Gemini, Copilot — traitent vos données sur des serveurs américains, sous droit américain. Pour une PME, une fiduciaire, un cabinet médical ou une administration suisse, ce détail technique devient un vrai enjeu juridique et stratégique. La bonne nouvelle : il existe désormais une voie suisse et souveraine pour profiter de l’IA sans perdre le contrôle de vos données. C’est l’objet de cet article.

Qu’est-ce qu’une IA souveraine, et pourquoi c’est un sujet suisse

Une IA souveraine est une intelligence artificielle dont les données, l’infrastructure et l’exploitation restent soumises au droit du pays de l’utilisateur. En Suisse, cela signifie concrètement : des données hébergées sur le territoire, un opérateur de droit suisse et une conformité à la loi sur la protection des données.

Ce concept s’inscrit dans un enjeu plus large, la souveraineté numérique : la capacité à garder le contrôle sur ses infrastructures, ses systèmes et ses données. Le sujet n’a rien d’abstrait en Suisse. Dans un contexte géopolitique tendu et face à la domination des grands fournisseurs de cloud américains (les hyperscalers), la dépendance technologique est devenue une préoccupation prioritaire. Signe des temps : le Centre suisse pour la souveraineté numérique a été officiellement lancé en avril 2026, avec pour mission de développer des alternatives suisses autour de l’open source, du cloud et de l’IA.

Autrement dit, la souveraineté numérique n’est plus un débat de spécialistes. C’est un critère de décision concret pour toute organisation qui manipule des données sensibles.

Le vrai risque : le CLOUD Act et vos données

Le point le plus mal compris est aussi le plus important. Le CLOUD Act est une loi américaine qui permet aux autorités des États-Unis de contraindre une entreprise américaine à livrer les données qu’elle détient, même lorsque ces données sont stockées sur des serveurs situés en Europe ou en Suisse.

La conséquence est directe : héberger vos données « en Suisse » ne suffit pas si le prestataire relève d’un groupe américain. Ce qui compte, c’est de savoir à qui appartient l’infrastructure et sous quel droit elle est exploitée.

Pour certaines professions, ce point est rédhibitoire. Quand un avocat, un médecin, un fiduciaire ou un conseiller financier suisse confie des informations confidentielles à un outil d’IA hébergé aux États-Unis, il crée un conflit direct avec ses obligations de secret professionnel. Le secret bancaire, le secret médical et le secret d’affaires ne s’accommodent pas d’un accès potentiel par une autorité étrangère.

IA et protection des données : ce que dit la nLPD

À ce risque s’ajoute une obligation légale. La loi fédérale révisée sur la protection des données (nLPD) est en vigueur depuis le 1er septembre 2023 et s’applique à toutes les entreprises suisses.

Elle ne rend pas l’IA interdite, loin de là. Mais elle impose que son usage soit réfléchi, proportionné et documenté. Concrètement, utiliser un service d’IA étranger pour traiter des données de clients ou de collaborateurs suisses peut vous exposer à une non-conformité, surtout si vous ne maîtrisez ni le lieu de traitement, ni l’usage qui est fait de vos contenus. Le message clé est simple : l’IA est une opportunité, à condition de la déployer au bon endroit, avec les bons garde-fous.

Apertus et l’écosystème de l’IA suisse

Longtemps, l’argument « pas d’alternative crédible » a servi à justifier l’usage des outils américains. Ce n’est plus vrai.

Le 2 septembre 2025, la Suisse a lancé Apertus, un grand modèle de langage open source et multilingue, fruit d’une collaboration entre l’EPFL, l’ETH Zurich et le centre national de calcul CSCS. Présenté comme une alternative transparente à ChatGPT, Apertus incarne une IA développée selon des valeurs suisses : ouverture, transparence et respect des données.

Autour de ce socle, tout un écosystème a émergé : des acteurs comme AlpineAI pour les secteurs critiques, l’assistant MyAI de Swisscom, ou encore Euria, l’IA souveraine d’Infomaniak hébergée en Suisse et pensée pour les données sensibles. La Suisse dispose désormais de ses propres briques d’intelligence artificielle. La souveraineté n’est plus un vœu pieux, c’est une option disponible.

Comment utiliser l’IA en gardant vos données en Suisse

Passons au concret. Comment vérifier qu’une IA est réellement suisse et souveraine ? Voici les critères à contrôler avant d’adopter un outil :

  • Résidence des données en Suisse, avec un hébergement sur le territoire national.
  • Un opérateur soumis au seul droit suisse, sans rattachement à un groupe étranger.
  • Zéro entraînement sur vos données, idéalement garanti par un engagement contractuel.
  • Une conformité nLPD pensée dès la conception, et non ajoutée après coup.
  • Une certification reconnue de type ISO 27001 sur l’infrastructure.
  • Des fonctions de gouvernance : journal d’audit, contrôle d’accès par rôles.

Un point mérite d’être souligné : une IA souveraine n’a de sens que si elle repose sur une infrastructure souveraine. L’un ne va pas sans l’autre. C’est précisément le rôle du cloud souverain suisse, qui garantit que la couche sur laquelle tournent vos applications et vos modèles reste, elle aussi, sous droit suisse.

C’est l’approche que défend Celveo : un cloud souverain hébergé en Suisse, associé à une suite de travail collaborative et à une IA souveraine pour l’entreprise via Euria, intégrée à l’univers kSuite d’Infomaniak. Vos données restent en Suisse et ne servent jamais à entraîner des modèles tiers. Vous gardez la performance de l’IA moderne, sans céder le contrôle de vos informations.

IA suisse souveraine vs IA grand public américaine

Critère IA suisse souveraine IA grand public US
Résidence des données Suisse États-Unis
Soumise au CLOUD Act Non (droit suisse) Oui
Entraînement sur vos données Jamais (engagement contractuel) Oui, sauf opt-out
Conformité nLPD Par conception Non
Secret professionnel (avocat, médecin, banque) Compatible Non compatible
Journal d’audit et contrôle d’accès Oui Généralement non

En résumé

L’IA suisse permet enfin de réconcilier deux exigences que l’on croyait opposées : la performance de l’intelligence artificielle et la souveraineté sur ses données. Avec des modèles comme Apertus, des assistants hébergés en Suisse comme Euria et un cloud souverain solide, les entreprises et institutions suisses n’ont plus à choisir entre efficacité et confidentialité.

La vraie question n’est donc plus « faut-il utiliser l’IA ? », mais « sur quelle infrastructure ? ». Chez Celveo, nous aidons les organisations suisses à déployer leurs outils, leur collaboration et leur IA sur un cloud souverain, hébergé en Suisse et conforme à la nLPD. Envie d’utiliser l’IA sans exposer vos données ? Découvrez notre suite collaborative souveraine, ou parlons de votre situation.

Questions fréquentes

ChatGPT est-il conforme à la nLPD suisse ?

Non par défaut. Les données saisies dans ChatGPT sont traitées aux États-Unis et soumises au CLOUD Act. Un usage professionnel conforme suppose au minimum de désactiver l’entraînement sur vos conversations, d’anonymiser les contenus sensibles, ou mieux, de privilégier une alternative hébergée en Suisse.

Existe-t-il une alternative suisse à ChatGPT ?

Oui. La Suisse dispose d’Apertus, un modèle open source lancé en 2025, et d’assistants d’IA hébergés en Suisse comme Euria, l’IA souveraine d’Infomaniak accessible via l’univers kSuite proposé par Celveo.

Où sont hébergées mes données avec une IA suisse ?

En Suisse, sur une infrastructure soumise au droit suisse. Pour s’en assurer, vérifiez la localisation des serveurs et la présence d’une certification reconnue comme ISO 27001.

L’IA suisse est-elle aussi performante que ChatGPT ?

Pour la grande majorité des usages professionnels — rédaction, synthèse, analyse, assistance — oui. La souveraineté ne se paie plus par une perte de qualité notable.

Qu’est-ce qu’Apertus ?

Apertus est le grand modèle de langage open source et multilingue lancé le 2 septembre 2025 par l’EPFL, l’ETH Zurich et le centre de calcul CSCS, présenté comme une alternative transparente à ChatGPT.

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